Contraction de fan et de dub. Un doublage réalisé par des amateurs, bénévolement, par passion pour une œuvre. Ni piratage, ni contrefaçon : une pratique de fans qui existe depuis quarante ans et qui a formé une bonne partie des comédiens de doublage d'aujourd'hui.
Les deux mots se ressemblent et désignent deux pratiques opposées.
| Fansub | Fandub | |
|---|---|---|
| Ce qui change | On ajoute des sous-titres | On remplace les voix |
| Voix d'origine | Conservée | Supprimée |
| Compétence clé | Traduction, calage du texte | Comédie, technique audio |
| À plusieurs | Rarement nécessaire | Presque toujours |
| Temps par minute | Quelques minutes | Vingt à trente minutes |
Un fansubbeur traduit. Un fandubbeur joue. Ce sont deux mondes différents, avec des communautés distinctes, même si beaucoup de gens font les deux.
La pratique naît dans les années 1980 autour de l'animation japonaise, quand des séries entières restaient inédites en dehors du Japon. Des passionnés enregistraient leurs propres voix sur des cassettes, se les échangeaient par courrier, et diffusaient dans les conventions.
Internet a tout changé, puis les plateformes vidéo l'ont fait exploser. Aujourd'hui le fandub s'est déplacé vers le format court : une scène culte de deux minutes, redoublée avec une intention différente, souvent comique.
Ce n'est pas anecdotique : plusieurs comédiens de doublage professionnels ont commencé comme ça. C'est l'un des rares métiers artistiques où l'entraînement amateur ressemble à s'y méprendre à l'exercice professionnel.
La remarque la plus fréquente des débutants est « je n'ai pas la voix pour ». C'est presque toujours faux. Ce qui trahit un fandub raté, ce n'est jamais le timbre : c'est le décalage avec l'image et le ton récité.
Trente secondes à deux minutes, avec des dialogues nets. Une scène que vous connaissez par cœur est plus facile à jouer.
La musique et les bruitages doivent rester, sinon la scène sonne vide. Comment ça fonctionne.
Savoir quoi dire, et surtout quand. C'est ce que fournit une bande rythmo.
Jamais dans un haut-parleur : le micro capterait la voix d'origine.
La voix se pose sur la piste de musique et bruitages. Il ne reste qu'à publier.
Les étapes 2, 3 et 5 étaient autrefois la partie décourageante, celle qui demandait un logiciel et de la patience. Elles sont aujourd'hui automatisées.
Faire son premier fandubL'œuvre d'origine reste protégée par le droit d'auteur, et il n'existe pas d'autorisation générale pour le fandub. Selon les pays, un doublage amateur peut relever de l'exception de parodie ou de pastiche, mais ce n'est ni automatique ni universel.
En pratique, les ayants droit tolèrent largement la pratique tant qu'elle reste amateur, non monétisée et clairement identifiée comme telle. Les problèmes surviennent quand un fandub est monétisé, présenté comme officiel, ou publié sur une œuvre encore en exploitation commerciale. Dans le doute, gardez votre doublage privé ou accessible par lien seulement.
Le fansub ajoute des sous-titres et garde les voix. Le fandub remplace les voix. Traduction dans un cas, comédie dans l'autre.
L'œuvre reste protégée. Un usage amateur et non monétisé est largement toléré, mais ce n'est pas un droit garanti et cela dépend des pays.
Non. La justesse du jeu et la synchronisation comptent bien plus que le timbre.
Oui, en enregistrant chaque personnage séparément. La méthode est ici.
Une demi-heure environ pour une scène d'une minute, dont la plus grande partie en prises successives.