Commençons par la mauvaise nouvelle, qui est aussi la bonne : votre timbre ne changera pas. Il dépend de la longueur de vos cordes vocales et de la forme de vos cavités. Tout le reste, en revanche, se travaille — et c'est tout le reste qui fait un bon doublage.
Le timbre est morphologique. Aucun exercice ne vous donnera la voix de quelqu'un d'autre, et c'est très bien ainsi : les comédiens de doublage que vous admirez n'ont pas des voix exceptionnelles, ils ont des voix reconnaissables qu'ils savent utiliser.
La question « ai-je la bonne voix » est un faux problème. La vraie question est « est-ce que je sais m'en servir ».
C'est le socle, et le premier obstacle de tout débutant. Une voix qui manque d'air devient instable en fin de phrase, monte involontairement, et se fatigue en dix minutes.
L'exercice, cinq minutes par jour : allongé, une main sur le ventre. Inspirez en gonflant le ventre, pas la poitrine. Expirez lentement sur un « ssss » continu en visant vingt secondes régulières. Régulières est le mot important : un souffle qui faiblit en cours de route, c'est une fin de réplique qui s'écroule.
En doublage, vous devez souvent dire beaucoup de mots dans peu de temps. Sans articulation, ça devient une bouillie ; en articulant trop, ça sonne théâtral. Le point d'équilibre se travaille.
L'exercice : lisez un texte quelconque à voix haute avec un crayon serré entre les dents, pendant deux minutes. Retirez le crayon et relisez : l'articulation est immédiatement plus nette, sans effort conscient. Effet spectaculaire les premières fois.
C'est ce qui sépare une lecture d'un jeu, et c'est le défaut numéro un des débutants : une réplique dite sur une seule note, à un seul volume, à une seule vitesse.
L'exercice : prenez une phrase banale, « je rentre à la maison », et dites-la dix fois de dix façons différentes. Fatigué, en colère, amoureux, menaçant, ironique, terrifié. Sans changer un mot. C'est exactement ce que demande le doublage.
Le meilleur exercice reste le doublage lui-même. Ces trois travaux préparent le terrain, mais rien ne remplace le fait de se caler sur une vraie scène et de se réécouter. Le décalage entre ce que vous croyez avoir joué et ce que vous entendez est le professeur le plus efficace qui existe.
Tout le monde passe par là. L'explication est physique : quand vous parlez, vous entendez votre voix de deux façons, par l'air et par les os de votre crâne. La conduction osseuse ajoute des graves qui n'existent pas dans l'enregistrement.
Autrement dit : la voix enregistrée est votre vraie voix, celle que tout le monde entend depuis toujours. C'est celle de votre crâne qui est l'illusion. La gêne disparaît en quelques semaines d'écoute, et elle disparaît d'autant plus vite qu'on s'écoute souvent.
Une voix enrouée ne se force pas : elle se repose. Insister sur une voix fatiguée est le meilleur moyen d'installer un problème durable.
Cinq minutes par jour. C'est le fondement, et ça se voit très vite sur la stabilité des fins de phrase.
Deux minutes de crayon avant chaque session d'enregistrement.
Une scène courte par semaine, en se réécoutant sur l'image. C'est là que les progrès deviennent visibles pour les autres.
Pas le timbre. Le débit, l'intensité, l'articulation et le placement, oui, et ils changent complètement la perception.
Parce que vous vous entendez d'habitude avec des graves ajoutés par vos os. L'enregistrement dit la vérité.
Deux à trois semaines à dix minutes par jour pour le souffle et l'articulation. Le jeu progresse surtout en doublant.
Pas pour commencer. Se réécouter sur l'image apporte plus au début.
Crier depuis le ventre, reculer du micro, et s'arrêter dès que la voix devient rauque.